Discours de Fen Josil | Troupe Teyat Lakou kannari

Fen Madame l'Ambadassadeur, Mesdames, Messieurs, Chers invités

Aujourd'hui nous ramène à un voyage dans le temps, un voyage au coeur des Cayes, cette ville vibrante du Sud d'Haïti, riche de culture, d'histoire et d'expression artistique.

Dans les années 70, les Cayes respiraient une effervescence culturelle unique. Le théâtre y occupait une place centrale. Sur des petites scènes improvisées, dans les écoles ou dans des salles communautaire, dans nos salles de cinéma, les troupes locales donnaient vie aux réalités sociales, aux traditions et aux espoirs du peuple. Il ne se passait jamais une semaine sans une nouvelle pièce théâtrale. Une véritable compétition existait entre les troupes de théâtre (Concorde de Alfred Marsan, Renouveau de William J.L. Guillaume). Sur les planchers du Centre Culturel St. Louis évoluaient des acteurs dont les noms résonnent encore dans les mémoires. Mme. Roger Louis-Jacques, Alfred Marsan, Marie Josée Beauboeuf Marsan, Jean Claude Rhau, William Guillaume, Osny Sénat, Cany Olivier, Dutel Lamour, Flosel Jason, Maryse Beauzile et j'en passe.

La musique, elle, s'enracinait profondément dans le compas et les rythmes traditionnels. Les orchestres animaient les soirées, les bals et les fêtes champêtres. Les sérénades des Troubadours Robert Molin, Oswat Génois, Ti Koyo, les frères Delerme, enchantaient nos belles jeunes demoiselles.

Les orchestres et mini-jazz tels que PANORAMA de Destinoble Barrateau, MERIDIONAL de Denon Morin, les NEW STARS de Milou Damas et les LIONCEAUX de Léon Dimanche faisaient les délices des mélomanes du grand Sud, de tout le pays et même au-delà de nos frontières. La folle jeunesse se laissait entraîner aux rythmes envoûtants de la musique cayenne.

Arrivent les années 80, une période marquée par des bouleversements sociaux et politiques. Aux Cayes, le théâtre devient plus engagé et les textes plus audacieux, parfois symboliques, parfois directs.

Les années 80 ont marqué l'integration pleine et entière dans les bandes à pieds mettant par ainsi fin au mythe selon lequel celles-ci et les raras serait l'apanage des va-nu-pieds. Ainsi sont nés MABOUYA sur la place d'armes des Cayes. MYSTIC BAND à Pont Gombo, Soulmen au quartier du cimetière.

A travers les décennies, les Cayes nous montrent que l'art n'est pas seulement un divertissement mais une mémoire vivante, un miroir de la société et une force de transformation.

Mesdames et messieurs, en revisitant les années 70 et 80, nous comprenons que cette ville, les Cayes n'est pas seulement une ville du passé mais une source inépuisable du présent et du renouveau. Aujourd'hui une nouvelle génération d'artistes se lève. Héritiers des planches et planchers d'autrefois et des rythmes qui font vibrer leurs ainés, ils réinventent le théâtre et la musique avec audace, créativité et technologie. Les scènes changent, les instruments évoluent mais l'âme reste la même. Demain les Cayes ont le potentiel de devenir un véritable carrefour culturel ou traditions et modernité se rencontrent. Le théâtre pourra s'ouvrir davantage aux réalités contemporaines, intégrer le numérique, toucher un public plus large.

Qu'il en soit ainsi pour la musique qui doit franchir les frontières, portant très haut les couleurs de la ville sur la scène internationale. Mais cet avenir dépend de nous, de notre capacité à soutenir les artistes, à valoriser notre patrimoine et à croire en la puissance de notre culture. Car une ville qui chante, qui danse, qui joue et qui raconte est une ville qui vit.

Image

FOKAL - Fondasyon Konesans Ak Libète

143, Avenue Christophe BP 2720 HT 6112 Port-au-Prince,Haïti

Tel : (509) 2813-1694

© 2026 fokal. Designed By katabeno

S'abonner à nouvèl FOKAL