Le samedi 17 octobre, six clubs de débat se sont retrouvés au Collège des Oliviers, à Delmas 75, pour le Tournoi régional de l’Ouest organisé par le Programme Initiative Jeunes (PIJ). Entre préparation, concentration, confrontation d’idées et émotions, les jeunes ont vécu une journée où chaque échange était une occasion d’apprendre.
Dès les premières heures de la matinée, les équipes arrivent de différents quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les débatteuses et débatteurs retrouvent leurs coachs, révisent leurs arguments et se préparent à affronter leurs adversaires. Dans les salles, les derniers ajustements se font et la concentration monte progressivement.
De leur côté, les juges prennent place, les volontaires s’assurent que tout est prêt et les représentants de Baskètbòl pou Ankadre Lajenès (BAL), du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) et du PIJ de la FOKAL coordonnent les derniers détails. Les conditions sont réunies : le tournoi peut commencer.
Six clubs sont en compétition : BAL 1, BAL 2, RNDDH, Santo, BMC et Bourdon. Tous viennent défendre leurs positions, mais aussi mettre à l’épreuve leur capacité à construire une argumentation, à écouter leurs adversaires et à répondre avec précision. Les sujets portent notamment sur l’intelligence artificielle, l’esprit critique, la démocratie et l’engagement civique des jeunes.
Des arguments, de la concentration et une pression bien réelle

Au fil des confrontations, l’enthousiasme laisse aussi place à la pression. Chaque équipe veut poursuivre la compétition et se rapprocher de la finale. Derrière les prises de parole, il y a des heures de préparation, des conseils des coachs, des recherches et des efforts collectifs. Avant chaque passage, les jeunes vérifient leurs arguments et se préparent à répondre aux questions des contre-interrogatoires.
Le format Karl Popper (DKP) exige de la rigueur, de l’écoute et une bonne maîtrise de ses idées. Il ne suffit pas de défendre une position : il faut aussi comprendre celle de l’autre, analyser ses arguments et construire une réponse cohérente. Les juges suivent attentivement les échanges, tandis que les coachs et les équipes attendent les résultats avec impatience.
Au-delà de la volonté de gagner, une même idée accompagne les participants : « Au débat, on ne perd jamais, on apprend toujours. » Cette devise rappelle que chaque confrontation permet de progresser, même lorsque le résultat n’est pas celui espéré.
Santo et BMC se retrouvent en finale
À l’issue des premiers tours, les demi-finales opposent BMC à Bourdon et Santo au RNDDH. BMC prend le dessus sur Bourdon, tandis que Santo s’impose face au RNDDH. Les deux équipes gagnantes obtiennent leur place en finale.
La dernière confrontation met face à face Santo et BMC. D’un côté, les débatteuses de Santo, déterminées à décrocher le titre ; de l’autre, les débatteurs de BMC, tout aussi confiants et prêts à défendre leurs arguments jusqu’au bout. La pression est à son comble. Chaque intervention compte et chaque réponse peut peser dans la décision des juges.
Puis vient le moment attendu : l’annonce des résultats. Santo est proclamée championne du Tournoi régional de débat de l’Ouest. Les réactions se succèdent entre joie, applaudissements et satisfaction. Les membres de l’équipe savourent leur victoire, tandis que les autres participants reconnaissent les efforts fournis tout au long de la compétition.
Quatre distinctions individuelles ont également été décernées : Arius Marie Love a été élue meilleure débatteuse, Naelly Jeanty a reçu le prix de débatteuse Fair-Play, Schaëlda Joseph a été désignée meilleure juge et François Malbranche a remporté le prix de débatteur Espoir.
Pour Stevens Désir, coach de l’équipe championne, ce résultat récompense « la discipline, une bonne préparation et un travail acharné ». Saïka Berla Rochelin, capitaine de l’équipe, y voit la preuve que les efforts de ses coéquipiers n’ont pas été vains. Déjà tournée vers l’avenir, elle entend se préparer activement pour la prochaine édition afin de tenter de conserver le titre.
Une victoire qui dépasse le classement
Si Santo repart avec le titre de championne, cette journée ne se résume pas à une équipe gagnante et à des équipes éliminées. Chaque club a pu mettre ses capacités à l’épreuve, recevoir les retours des juges, découvrir ses points forts et identifier les aspects à améliorer. Les coachs, les juges, les volontaires et les partenaires ont également contribué au bon déroulement de cette rencontre.
Organisé dans le cadre du projet JOLYI (Joint Leadership Youth Initiative), mis en œuvre par la FOKAL en collaboration avec BAL et le RNDDH, le tournoi vise à renforcer les capacités argumentatives des jeunes, notamment ceux issus des quartiers populaires de Port-au-Prince. Il associe la pratique du débat à la promotion des droits humains et au développement des aptitudes citoyennes.
Au terme de cette journée, le titre revient à Santo, mais les apprentissages se poursuivent pour toutes les équipes. Prendre la parole, défendre ses idées, écouter des opinions différentes et apprendre à argumenter sont autant de compétences qui dépassent le cadre d’une compétition.
