Rechercher des films pour une programmation sur la peinture et l’art plastique, c’est faire face à des manques assez communs : manque de femmes représentées et manque d'artistes hors des représentants du marché de l’art occidental. Cela vaut pour les artistes qui se trouvent devant comme derrière la caméra. Cela dit, vous pourrez découvrir en ce mois d'avril une jeune réalisatrice iranienne qui fait de l’amitié qui se développe entre elle et le monstre de la peinture qu’elle filme de près, un élément important de son écriture ; un peintre haïtien qui aura lutté toute sa carrière pour sortir d’une identité « naïve » trop étriquée mais qui laisse aux autres le soin de définir son travail, fuyant presque la caméra ; un plasticien contemporain à l’avant-garde en Haïti qui refuse les étiquettes tiers-mondistes réductrices et se débat face aux aléas de sa bipolarité qui conditionnent sa liberté; une sculptrice consacrée dont le travail s’appuie sur l’obscurité des démons de son enfance et qui, sans le vouloir ni le revendiquer, est devenue une icône féministe pour des femmes en manque de modèles.

 

MARDI 4 AVRIL, 5 PM

CEDOR IMAGESCÉDOR OU L’ESTHÉTIQUE DE LA MODESTIE. Au fil d'un voyage à travers 260 tableaux de Dieudonné Cédor et de toutes les périodes de sa carrière, ce film veut nous restituer le message profond de la vie et de l'œuvre d'un des plus importants artistes haïtiens, ainsi que la longue tranche d'histoire dont il a été le protagoniste.  Né en 1925 à Anse-à-veau, Cédor est ébéniste avant de se consacrer à la peinture. Il intègre le Centre d’Art en 1947 où il suit les enseignements de Rigaud Benoit, avant de devenir à son tour professeur. Il fera ensuite partie du groupe d’artistes dissidents qui créa Le foyer des arts plastiques et, plus tard encore, la Galerie Brochette. Au fil de son parcours, il flirta avec différents courants, tant par souci d’exploration que pour se défaire d’une étiquette de peintre naïf trop restrictive. Dieudonné Cédor est décédé en septembre 2010 à Port-au-Prince.

Un film d’Arnold Antonin, VO CR-FR, 39’.

 

 

 

 

 

 

MARDI 11 AVRIL, 5 PM

FIFI HURLE DE JOIEFIFI HURLE DE JOIE. Ce film témoigne des deux derniers mois de la vie de Bahman Mohassess, légende de l’art moderne iranien. Ce curieux Diogène contemporain, après un exil volontaire d’une trentaine d’années, s’apprête à réaliser son oeuvre ultime. Celle-ci lui est commandée par deux admirateurs, artistes eux-mêmes, venus d’Iran. L’intrigue se dirige progressivement vers l’histoire de ce « chef d’oeuvre inconnu ». Loin d’un biopic documentaire ou de la visite guidée d’une oeuvre, Fifi hurle de joie est une évocation mouvementée d’un personnage éclipsant son œuvre. C’est la personnalité du vieil (auto)iconoclaste épuisé par sa tabagie qui anime ce documentaire déstructuré et subtil, élégamment décousu, émaillé d’images et de citations suggérées par le peintre lui-même durant le tournage.

Un film de Mitra Farahani, VO ST-FR, 1h38’.

Visionnez la bande annonce ici.

 

 

 

 

 

MARDI 18 AVRIL, 5 PM

MARIO BENJAMINMARIO BENJAMIN. En Haïti, Mario Benjamin est un des chefs de file de l'art contemporain. Invité à prendre part à des manifestations majeures comme les Biennales de Venise, de Kwangju, de Sao Paulo, de Johannesburg ou encore à de nombreuses expositions aux Etats-Unis ou en Europe, il a acquis une stature internationale. Mais qui le connaît en dehors d'un petit milieu de connaisseurs? Ce film nous donne à voir les œuvres, à la fois puissantes, magiques et dérangeantes, du peintre Mario Benjamin. Sa maison - installation baroque -, retrace son parcours artistique et nous introduit dans son univers intérieur.  Autour d'une exposition qui a eu lieu à Port-au-Prince en 2008, cet homme charismatique nous livre ses réflexions sur son travail et sur la difficulté d'être un artiste dans un pays du tiers-monde. 

Un film de Irène Lichtenstein, Vo FR, 53’.

Visionner un extrait du film ici.

 

 

 

 

MARDI 25 AVRIL, 5 PM

LOUISE BOURGEOISLOUISE BOURGEOIS, L’ARAIGNÉE, LA MAÎTRESSE ET LA MANDARINE. Une incursion dans l'univers de Louise Bourgeois, dont l'œuvre protéiforme traverse les 20e et 21e siècles. Louise Bourgeois se consacre à la sculpture depuis 1949. Elle a côtoyé les principaux mouvements artistiques, tout en préservant farouchement son indépendance d'esprit, et sa manière incroyablement inventive et troublante. En 1982, à l'âge de 71 ans, elle devient la première femme à être honorée d'une rétrospective au MoMA, à New York. L'artiste lève le voile sur ses secrets d'enfance, source de ses traumatismes, qui se reflètent dans ses sculptures et ses installations, dont la caméra explore la troublante magie. Portrait d’une légende de l’art et d’une icône féministe, rythmé de visites d’expositions, ce documentaire émouvant n’a pas vocation à résumer sa personne, son œuvre, mais à nous donner le goût, le parfum de sublime effréné s’échappant de son destin d’artiste longtemps maudite.

Un film de Amei Wallach et Marion Cajori, VO ST-FR,

Visionnez la bande annonce ici. 

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