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Festival International du livre & du film ÉTONNANTS VOYAGEURS HAITI / 4° EDITION

Affiche EVHAITI2016 SmallDu 1er au 3 décembre se déroule la quatrième édition d’Étonnants Voyageurs – Haïti, un festival international du livre et du film. Étonnants Voyageurs a été créé en 1990 par Michel Le Bris, Christian Rolland et Maëtte Chantrel, rejoints par Jean-Claude Izzo. Chaque année, des écrivains de différents pays se retrouvent à Saint-Malo pour trois jours de rencontres, débats, lectures, cafés littéraires, dans 25 lieux de la ville. Le festival a essaimé dans plusieurs pays, en particulier en Haïti où se déroulera cette année cette quatrième édition : trois jours de festival à Port-au-Prince et en province : des rencontres, des animations scolaires, des débats, des cafés littéraires, des projections de films… Des auteurs, des réalisateurs venus des quatre coins de la planète, romanciers, essayistes et bédéistes rattachés à tous les genres, aux multiples façons d’appréhender et de raconter le monde dans lequel nous vivons, se rassemblent pour débattre, rencontrer leur public et échanger sur les thématiques du festival.

Ecoles, bibliothèques, librairies, centres culturels, salles de spectacle de Port-au-Prince ou des provinces accueilleront cette année le festival dont FOKAL est l'une des adresses. Pour accéder au programme complet, cliquer ici. 

 

ETONNANTS VOYAGEURS A LA FOKAL

 JEUDI 1er DECEMBRE - TONNELLE

2H 30 PM – RENCONTRE: L’ENCHANTEMENT DU MONDE

Dominique BATRAVILLE, Miguel DUPLAN, Kei MILLER, Gary VICTOR

Nous sommes comme des enfants perdus dans les forêts obscures, acteurs dans une pièce dont nous ne connaissons ni l’auteur ni l’intrigue, et sans doute est-ce pour cela que depuis l’aube des temps nous nous racontons des histoires. Pour avoir moins peur dans le noir – ne sont-elles pas comme ces petits cailloux laissés par des petits Poucets pour tracer des chemins ? Nous enchantons le monde de nos histoires, de nos songes, de nos mythes – pour l’habiter. Et si c’était cela, le véritable réalisme ?

Dominique BATRAVILLE – HAITI

dernier ouvrage paru : L’ange de charbon (Zulma Éditions, 2014)

Cet observateur des espaces insulaires, des mondes créoles et méditerranéens investit l’absurde, la folie, le comique et la lumière de Haïti. Son mode d’écriture est inextricablement lié au voyage, à l’utopie insulaire, à l’intention sacrée ou cosmique. Après L’Archipel des hommes sans os, recueil de nouvelles inscrites dans l’imaginaire caribéen et créole, ce premier roman, extravagante fable vaudoue dans une langue inspirée, conte les mésaventures de M’Badjo Baldini, « nègre errant d’origine italienne », face à la catastrophe du tremblement de terre de janvier 2012. Si le personnage principal est Port-au-Prince, avec son peuple de martyrs et de rescapés, d’esprits et de morts-vivants, on comprend que c’est par le verbe que le narrateur, et son double, Batraville, surmonte le Mardi des douleurs, ultime réplique au séisme ravageur.

Miguel DUPLAN – MARTINIQUE

dernier ouvrage paru : Chronique des monts jolis (Seuil, 2015)

Né en Martinique, il est conseiller principal d’éducation dans un lycée de Cayenne où il vit depuis plus de 25 ans. Il est notamment l’auteur de L’Acier, lauréat du Prix Carbet de la Caraïbe 2007, un roman dans lequel il évoque l’existence de son grand-père dans les années 50 à la Martinique. Son nouveau livre dépeint ces gens qui habitent aux monts jolis de Guyane à travers la voix d’un poète, figure centrale de cette narration libre. Au fil des pages, les histoires s’entrechoquent et les personnages s’entrecroisent. Les maux aussi…

Photo © Astrid di Crollalanza

Kei MILLER – JAMAIQUE

dernier ouvrage paru : L’authentique Pearline Portious (Zulma, 2016)

Jeune plume jamaïcaine, Kei Miller est né à Kingston en 1978 et enseigne aujourd’hui le « Creative Writing » à l’Université de Londres. Il vient à l’écriture avec la poésie et se détache rapidement du paysage littéraire par sa quête perpétuelle du mot juste et son exploration infinie de la langue. Il offre un roman puissant sur la force des histoires et de l’écriture, interrogeant sur les différentes manières de voir et de raconter le monde.

Gary VICTOR – HAITI

dernier ouvrage paru : Nuit Albinos (Vents d’Ailleurs, 2016)

Mêlant imaginaire, humour et critique poli- tique, cet auteur haïtien au style novateur nourri d’absurde et d’humour acide porte un regard satirique sur la société haïtienne. Son œuvre explore sans complaisance le mal-être haïtien, tentant de trouver des pistes pour s’extraire du cycle de la misère et de la violence. Esprit rebelle, il s’exprime aussi sur les ondes et signe scenarii pour la radio, le cinéma et la télévision. Après L’escalier de mes désillusions en 2014, Garry Victor publie Nuit Albinos, fable qui met en scène un chien albinos envoyé par le diable pour décimer le genre humain, et renoue avec l’imaginaire, peuplant son univers d’ombres, de fantasmes et de folies.

Photo © Gaël Le Ny

 

3H 45 PM – CAFE LITTERAIRE

Paule CONSTANT, Bob SHACOCHIS, Velibor ČOLIĆ

Paule CONSTANT– FRANCE

dernier ouvrage paru : Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016)

Prix Goncourt en 1998 pour Confidence, cette voyageuse impénitente née en 1944 a passé une grande partie de sa vie à l’étranger, notamment en Afrique. Elle siège depuis janvier 2013 parmi les jurés du Prix Goncourt et est également jurée du Prix Littérature- monde. Après C’est fort la France, un roman qui évoque avec un humour féroce l’univers suranné de l’élite coloniale française dans l’Afrique des années 1950, elle signe cette année, avec poésie et humour, un conte déchirant de notre temps au coeur du continent noir, où se propage un mal pernicieux au pied de la Montagne des nuages.

Bob SHACOCHIS – ETATS-UNIS

dernier ouvrage paru : La Femme qui avait perdu son âme (Gallmeister, 2016)

Écrivain, journaliste, correspondant de guerre, né en Pennsylvanie en 1951, il se forge une conscience politique fermement ancrée à gauche et durablement engagée, et couvre, parmi d’autres investigations, l’invasion d’Haïti en 1994. Auteur-monde par excellence, finaliste du Prix Pulitzer en 2014 et lauréat du Dayton Literary Peace Prize or Fiction, il débute une oeuvre marquante avec Au bonheur des îles (National Book Award en 1985), qui, avec réalisme et un humour parfois grinçant, narre l’envers de la vie sous les tropiques, un livre politique et lyrique qui questionne le rapport qu’entretiennent les États-Unis avec le reste du monde, mélange de charité naïve et de disposition prédatrice. Son dernier roman est une fresque envoûtante qui traverse cinq décennies de l’histoire d’un père et de sa fille. Entre roman d’amour et thriller, il nous entraîne à travers les conflits du monde moderne, sur les traces d’une héroïne

Velibor ČOLIĆ – BOSNIE

dernier ouvrage paru : Manuel d’exil (Comment réussir son exil en trente-cinq leçons) (Gallimard, 2016)

C’est sans doute la guerre qui a fait de Velibor Colic, né en 1964 en Bosnie, dans une ville qui aujourd’hui n’existe plus, un écrivain à part entière. Après un ouvrage foudroyant sur la folie des années 1990 (Jésus et Tito), ce fan de rock et de jazz continue d’explorer les Balkans avec Sarajevo Omnibus qui raconte l’épisode de l’assassinat de l’archiduc F. Ferdinand. Après Edelerzi, comédie dite pessimiste de la réincarnation au fil du siècle d’un fameux orchestre tsigane (2014), il signe un roman, à l’écriture poétique, pleine de fantaisie et d’humour absurde, où il décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, de Rennes à Budapest. Formidable art de vivre à base de système D et de fatalisme roublard.

Photo © Sophie Bassouls

 

 VENDREDI 2 DECEMBRE - TONNELLE

 2:30 PM – RENCONTRE: ÉCRIVAINS EN COLÈRE

Ananda DEVI, Evains WÊCHE, Inéma JEUDI, Jacques Adler JEAN-PIERRE

La colère, disent les raisonnables, est mauvaise conseillère. Vraiment ? Les artistes baroques en avaient fait pourtant un espace privilégié de leur création : couleurs vives (ne dit-on pas « rouge de colère » ?) contrastes, jeux de lumière et d’ombres, lignes obliques, tumulte des éléments, dissonances, personnages en déséquilibre, monde en menace de chaos, protestation contre la création elle-même, ou Dieu… Cinq écrivains d’aujourd’hui en colère, pour des raisons diverses – mais faut-il des raisons ?

Ananda DEVI – ILE MAURICE

dernier ouvrage paru : L’ambassadeur triste (Gallimard, 2015)

Née à l’île Maurice de parents d’origine indienne, elle s’est imposée comme une figure majeure de l’espace littéraire francophone. Élevée au contact de plusieurs langues, ethnologue de formation, traductrice de métier, elle est sensible à l’imbrication des identités, aux contradictions de l’espace insulaire et à la question toujours brûlante de l’altérité. Son recueil de nouvelles s’articule autour de grandes thématiques actuelles telles que la place de la femme dans la société, le regard des Occidentaux sur l’Inde ou encore le choc des traditions et de la modernité.

Photo ©-Hélie Gallimard

Evains WÊCHE – HAITI

dernier ouvrage paru : Les Brasseurs de la ville (Philippe Rey, 2016)

Né en 1980 au sud-ouest d’Haïti, dentiste mais aussi bibliothécaire et animateur culturel, il organise des ateliers de lecture et des cliniques dentaires mobiles à Jérémie. Après un recueil de nouvelles Le Trou du voyeur (Henri Deschamps, 2013) qui lui a valu le Prix Henri Deschamps 2013 (Haïti) et 2 nouvelles publiées dans le recueil collectif dirigé par Gary Victor (Mémoire d’encrier, 2012), il signe son premier roman, où il raconte la lutte et la survie d’une famille, une histoire de courage, d’amour et de folie, qui met en lumière la lutte du peuple haïtien contre la déchéance et la mort. les enlèvements ne sont qu’une manifestation de plus d’une société malhabile à se construire où évoluent trois êtres pris dans un labyrinthe de douleurs, de silences, de ressentiments, mais porteurs d’une envie d’aimer et de vivre.

Photo © Gilbert EDMOND

Inéma JEUDI – HAITI

dernier ouvrage paru : Le Jeu d’Inéma (Le Temps des Cerises, 2016)

Il s’est accroché à la poésie comme à une bouée de survie. Il a étudié le droit et mène aujourd’hui une activité de journaliste, attaché à la section culturelle de la Télévision nationale d’Haïti. Il est également membre de l’Atelier Jeudi soir, créé et animé par le poète et romancier Lyonel Trouillot. Plusieurs de ses textes ont été publiés en revue en Haïti et dans le monde. Il est présent dans l’Anthologie bilingue de la poésie créole haïtienne parue à la rentrée 2015 chez Actes Sud.

Photo © Coutechève LAVOIE-AUPONT

Jacques Adler JEAN-PIERRE – HAITI

derniers ouvrages parus : Bòs Madichon pa nan politik (CD, Radio Télévision Caraïbes)

Des mots pour mourir après l’amour, suivi de lettre à ma fille (éditions C3)

Poète, journaliste culturel, comédien, bibliothécaire et écrivain prometteur, il a publié de nombreux articles et poèmes dans les colonnes de la presse haïtienne. Ses poèmes sont publiés tant en Haïti qu’à l’étranger dans des revues. Il anime depuis 2009 le magazine culturel « PLURIEL » et une chronique culturelle « Paj kiltirèl » sur les ondes de la radio Caraïbes. En 2015, il est le premier écrivain haïtien invité en résidence par l’union des écrivaines et des écrivains québécois, et devient directeur général de Radio Télévision Espace. Toujours prêt à lever la voix sur les inégalités de la société, il publie en 2016 un disque, Bòs Madichon pa nan politik, mettant en scène un citoyen révolté en lutte contre les injustices sociales.

 

3H45 PM – CAFE LITTERAIRE

Louis-Philippe DALEMBERT, Earl LOVELACE, Antoine AGOUDJIAN

Louis-Philippe DALEMBERT – HAITI

dernier ouvrage paru : Ballade d’un amour inachevé (Mercure de France – 2013)

Une des voix majeures de la littérature caribéenne. Ses romans se font l’écho d’une vie vagabonde qu’a mené cet Haïtien à Paris, Rome, Jérusalem, Kinshasa… Prix Casa de Las Americas (2008) pour Les dieux voyagent la nuit, ardent promoteur de la littérature haïtienne dont il publie en 2010 une anthologie avec Lyonel Trouillot. Dans son dernier roman, il superpose l’histoire sentimentale de deux couples, à celle des deux séismes survenus en Italie et en Haïti. L’occasion de revenir sur deux événements tragiques, où « l’humour et la force de vie seuls permettent d’exorciser le malheur », mais surtout sur un phénomène de la société italienne : la montée du néofascisme.

Photo © Gaël Le Ny

Earl LOVELACE – TRINIDAD

dernier ouvrage paru : Rien qu’un film (2012, Le Temps des Cerises, 2017)

Grande plume de Trinidad, à la fois nouvelliste, dramaturge et romancier, perce sur la scène internationale avec la parution de Danse du dragon en 1979, un questionnement profond sur une communauté encore aux prises avec les tensions raciales et un lourd héritage colonial. Il publie différents recueils de nouvelles et de théâtre et se voit couronné du Commonwealth Writers Prize en 1997 pour son roman Salt. Son roman le plus récent, Is Just a Movie (2012) a reçu le OCM Bocas Prize for Caribbean Literature et le Grand Prix de la Littérature caribéenne de Guadeloupe, paraît en français en 2017.

Antoine AGOUDJIAN – FRANCE

dernier ouvrage paru : Le Cri du silence (Flammarion, 2015)

Enfant de parents arméniens et petit-fils de rescapés du génocide de 1915, il décide de rejoindre une ONG suite au tremblement de terre en Arménie de 1988, et entame un projet photographique autour de la mémoire du peuple arménien, qui devient un livre en 1992, que Robert Doisneau aidera à mettre en forme. C’est alors qu’il intègre l’Agence Rapho et qu’il se spécialise dans le tirage argentique noir et blanc. Il poursuit son travail photographique sur la mémoire, à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Irak, en Iran… Il a publié aux éditions Flammarion Le cri du silence pour « immortaliser la mémoire afin qu’elle n’appartienne pas qu’au passé ».

Photo © Christina Galstian

 

SAMEDI 3 DECEMBRE - TONNELLE

10H 15 AM – RENCONTRE : ÉCRIRE POUR HABITER LE MONDE

Lieve JORIS, Bob SHACOCHIS, Bernard CHAMBAZ, Emmelie PROPHÈTE

Instant de panique quand tout à coup l’on se découvre perdu en un lieu – un bois ? – que l’on croyait connaître et voilà que le monde d’un coup nous devient hostile, étranger. Nous habitons le monde par nos souvenirs, nos fictions, notre imaginaire, les repères que nous y projetons. Et il en va de même pour ce monde qui vient, fascinant peut-être mais combien menaçant, tandis que le nôtre disparaît et avec lui nos repères : ce sont les artistes, les poètes, les romanciers, les musiciens qui nous le donnent à voir, ce nouveau monde, et ce faisant nous le rendent habitable. Écrire, c’est aussi cela : donner un visage à l’inconnu de ce qui vient.

Lieve JORIS – BELGIQUE

dernier ouvrage paru : Le Cri du silence (Flammarion, 2015)

Instant de panique quand tout à coup l’on se découvre perdu en un lieu – un bois ? – que l’on croyait connaître et voilà que le monde d’un coup nous devient hostile, étranger. Nous habitons le monde par nos souvenirs, nos fictions, notre imaginaire, les repères que nous y projetons. Et il en va de même pour ce monde qui vient, fascinant peut-être mais combien menaçant, tandis que le nôtre disparaît et avec lui nos repères : ce sont les artistes, les poètes, les romanciers, les musiciens qui nous le donnent à voir, ce nouveau monde, et ce faisant nous le rendent habitable. Écrire, c’est aussi cela : donner un visage à l’inconnu de ce qui vient.

Bob SHACOCHIS – ETATS-UNIS

dernier ouvrage paru : La Femme qui avait perdu son âme (Gallmeister, 2016)

Écrivain, journaliste, correspondant de guerre, né en Pennsylvanie en 1951, il se forge une conscience politique fermement ancrée à gauche et durablement engagée, et couvre, parmi d’autres investigations, l’invasion d’Haïti en 1994. Auteur-monde par excellence, finaliste du Prix Pulitzer en 2014 et lauréat du Dayton Literary Peace Prize or Fiction, il débute une oeuvre marquante avec Au bonheur des îles (National Book Award en 1985), qui, avec réalisme et un humour parfois grinçant, narre l’envers de la vie sous les tropiques, un livre politique et lyrique qui questionne le rapport qu’entretiennent les États-Unis avec le reste du monde, mélange de charité naïve et de disposition prédatrice. Son dernier roman est une fresque envoûtante qui traverse cinq décennies de l’histoire d’un père et de sa fille. Entre roman d’amour et thriller, il nous entraîne à travers les conflits du monde moderne, sur les traces d’une héroïne

Bernard CHAMBAZ – FRANCE

dernier ouvrage paru : À tombeau ouvert (Stock, 2016)

Agrégé d’Histoire et de Lettres modernes, le brillant Bernard Chambaz développe depuis les années 1980 une oeuvre protéiforme, débutée avec L’arbre de vies, un roman historique sous la Révolution française, prix Goncourt du premier roman. Sa bibliographie impressionnante mêle ses passions pour la peinture, l’Histoire, la poésie, le voyage, et, bien sûr, le sport. En 2015, dans Vladimir Vladimirovitch (Flammarion), il met en scène un malheureux homonyme de Poutine, homme de la rue, qui incarne, face à un régime liberticide, l’âme d’un peuple qui lutte contre la tristesse de sa propre servitude. En 2016, il signe Tour à tour Etc. un recueil sur le thème de l’automne et de la mélancolie, et À tombeau ouvert, un court roman passionné où il « revisite l’existence vrombissante d’Ayrton Senna, ce héros magnifique, qu’il explore en tous sens avec la faculté d’empathie et le sens de l’incarnation qu’on lui connaît. » (L’Humanité)

Emmelie PROPHÈTE – HAITI

dernier ouvrage paru : Le bout du monde est une fenêtre (Mémoire d’Encrier, 2015)

Responsable de la page culturelle du journal haïtien Le Nouvelliste, le plus ancien titre de presse francophone des Amériques, E. Prophète « écrit pour sauver sa peau ». Après avoir travaillé à la Direction Nationale du Livre, attachée au Ministère de la culture, elle dirige aujourd’hui la Bibliothèque nationale. Sensible et généreux, son premier récit a reçu le Grand prix littéraire Caraïbe 2009. Son dernier roman interroge avec poésie la distance entre soi et l’horizon. Deux personnages engagent leurs solitudes dans un dialogue sans mots, plein de folie et de secrets. Fin 2016, paraît un long texte dans la collection « Haute enfance » de chez Gallimard appelé « Pluie d’enfance ».

Photo © Gaël Le Ny

 

11H 30 AM – CAFE LITTERAIRE

Gary VICTOR, In-Koli Jean BOFANE, Miguel DUPLAN

Gary VICTOR – HAITI

dernier ouvrage paru : Nuit Albinos (Vents d’Ailleurs, 2016)

Mêlant imaginaire, humour et critique poli- tique, cet auteur haïtien au style novateur nourri d’absurde et d’humour acide porte un regard satirique sur la société haïtienne. Son œuvre explore sans complaisance le mal-être haïtien, tentant de trouver des pistes pour s’extraire du cycle de la misère et de la violence. Esprit rebelle, il s’exprime aussi sur les ondes et signe scenarii pour la radio, le cinéma et la télévision. Après L’escalier de mes désillusions en 2014, Garry Victor publie Nuit Albinos, fable qui met en scène un chien albinos envoyé par le diable pour décimer le genre humain, et renoue avec l’imaginaire, peuplant son univers d’ombres, de fantasmes et de folies.

Photo © Gaël Le Ny

In-Koli Jean BOFANE – CONGO

dernier ouvrage paru : Congo Inc. (Actes Sud, 2014)

Avec le singulier Mathématiques congolaises, grand prix de l’Afrique noire en 2009, In-Koli Jean Bofane s’impose comme une nouvelle voix de la littérature congolaise. Immigré en Belgique en 1960, de retour au Zaïre en 1983, il fonde les Éditions de l’Exocet lorsque Mobutu amorce un processus de démocratisation en 1991. Deux ans plus tard, la répression des milieux intellectuels le pousse à nouveau à l’exil. Son deuxième roman, Congo Inc., Prix 2015 des 5 continents de la Francophonie, s’annonce comme le récit initiatique d’un jeune congolais vers Kinshasa, à travers lequel l’auteur dresse un portrait saisissant du Congo contemporain.

Photo © Gaël Le Ny

Miguel DUPLAN – MARTINIQUE

dernier ouvrage paru : Chronique des monts jolis (Seuil, 2015)

Né en Martinique, il est conseiller principal d’éducation dans un lycée de Cayenne où il vit depuis plus de 25 ans. Il est notamment l’auteur de L’Acier, lauréat du Prix Carbet de la Caraïbe 2007, un roman dans lequel il évoque l’existence de son grand-père dans les années 50 à la Martinique. Son nouveau livre dépeint ces gens qui habitent aux monts jolis de Guyane à travers la voix d’un poète, figure centrale de cette narration libre. Au fil des pages, les histoires s’entrechoquent et les personnages s’entrecroisent. Les maux aussi…

Photo © Astrid di Crollalanza

 

3H PM – RENCONTRE : EXIL, MIGRATIONS ET CONSTRUCTION DE SOI

Louis-Philippe DALEMBERT, Jean-Euphèle MILCÉ, Velibor ČOLIĆ, Manno EJÈN

Nous vivons, à l’échelle de la planète, un temps de grandes migrations. En sorte que de plus en plus de gens se trouveront, par choix ou par contrainte, devoir vivre dans une culture, parfois une langue, qui n’étaient pas celles de leur pays d’origine. Et ces situations seront d’autant plus difficiles à vivre pour les immigrés de deuxième génération, quand s’efface l’idée même d’un retour au pays perdu. Du coup, ces communautés nouvelles instables, mouvantes, auront pour se construire à élaborer les récits permettant d’articuler ces différentes strates. Comme chacun aura à inventer son propre récit pour se construire. Où l’on voit bien que la littérature, la création artistique joueront (jouent déjà) un rôle essentiel. Le roman n’est-il pas cela : l’articulation en une forme mouvante « faisant monde » de personnages, de strates différentes 

Louis-Philippe DALEMBERT – HAITI

dernier ouvrage paru : Ballade d’un amour inachevé (Mercure de France, 2013)

Une des voix majeures de la littérature caribéenne. Ses romans se font l’écho d’une vie vagabonde qu’a mené cet Haïtien à Paris, Rome, Jérusalem, Kinshasa... Prix Casa de Las Americas (2008) pour Les dieux voyagent la nuit, ardent promoteur de la littérature haïtienne dont il publie en 2010 une anthologie avec Lyonel Trouillot. Dans son dernier roman, il superpose l’histoire sentimentale de deux couples, à celle des deux séismes survenus en Italie et en Haïti. L’occasion de revenir sur deux événements tragiques, où « l’humour et la force de vie seuls permettent d’exorciser le malheur », mais surtout sur un phénomène de la société́ italienne : la montée du néofascisme.

Photo © Gaël Le Ny

Jean-Euphèle MILCÉ – HAITI

dernier ouvrage paru : Mes chères petites ombres (Tête première, 2015)

« Ex-îlé » selon ses propres mots, cet Haïtien né au Gonaïves a fait ses études entre Haïti et la Suisse. Ancien directeur du principal fonds patrimonial de Port-au-Prince, il a également enseigné la littérature créole. Son 1er roman, L’Alphabet des nuits, a reçu en 2004 le Prix suisse Georges-Nicole. Il consacre en 2011 un roman à son île en deuil et en reconstruction. Paraît en 2015, Mes chères petites ombres, un roman très personnel et presque autobiographique, où il questionne l’identité d’un héros pris entre Haïti et la Suisse, « entre-deux pays, entre- deux couleurs, entre-deux douleurs ».

Photo © Gaël Le Ny

Velibor ČOLIĆ – BOSNIE

dernier ouvrage paru : Manuel d’exil (Comment réussir son exil en trente-cinq leçons) (Gallimard, 2016)

C’est sans doute la guerre qui a fait de Velibor Colic, né en 1964 en Bosnie, dans une ville qui aujourd’hui n’existe plus, un écrivain à part entière. Après un ouvrage foudroyant sur la folie des années 1990 (Jésus et Tito), ce fan de rock et de jazz continue d’explorer les Balkans avec Sarajevo Omnibus qui raconte l’épisode de l’assassinat de l’archiduc F. Ferdinand. Après Edelerzi, comédie dite pessimiste de la réincarnation au fil du siècle d’un fameux orchestre tsigane (2014), il signe un roman, à l’écriture poétique, pleine de fantaisie et d’humour absurde, où il décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, de Rennes à Budapest. Formidable art de vivre à base de système D et de fatalisme roublard.

Photo © Sophie Bassouls

Manno EJÈN – HAITI

dernier ouvrage paru : Sezon Papiyon (2013)

Né en 1946 à Cuba, il a grandi en Haïti et réside aujourd’hui à Montréal, il est considéré comme l’un des meilleurs poètes de langue créole et son recueil Egziltik (1988) fut l’une des premières tentatives de l’écriture de l’exil en créole. Membre du Mouvement créole haïtien et de la Société Koukouy, il a en effet placé au centre de ses préoccupations d’écrivain la langue créole, le seul moyen selon lui de se créer une identité, de projeter « les échos lointains de son âme et de mieux parler à son peuple ». Après La voix des mystères (Vwa Zandò) (Mémoire d’encrier, 2007) où il tente de refonder le pays perdu, en célébrant la langue et les mystères de l’errance, paraît en 2013 Sezon Papiyon, un poème à la forme inédite, fondé sur une esthétique de l’éphémère et de l’instantané.

 

4H 15 PM – RENCONTRE : POÉSIE ET POLITIQUE

Faubert BOLIVAR, Yvon LE MEN, James NOËL, Eduardo ESPINA

Si l’on s’entend sur ceci, que le poème dit quelque chose qui ne peut pas se dire autrement — car il dit quelque chose, il nous serait sinon indifférent, mais « quelque chose » d’intraduisible en énoncés positifs, sauf à s’avouer ornement inutile – alors le politique se trouve prié de passer son chemin. Mais si l’on ajoute que le poème témoigne ce faisant d’une dimension de l’être humain irréductible au « produire » et au « consommer » alors, oui, il est par son existence même éminemment politique, école de liberté…

Faubert BOLIVAR – HAITI

dernier ouvrage paru : La Flambeau (Deschamps (Haïti), 2014)

Poète, dramaturge et écrivain né en 1979, il est l’auteur d’un ensemble de textes (essai, poésie, nouvelle, théâtre), publiés dans divers ouvrages collectifs et revues à travers le monde francophone. Toujours attentif et sensible aux épineux problèmes de son pays, qu’il convoque avec ironie et provocation dans la presse, ce « diseur » des Vendredis Littéraires de l’Université caraïbe (Prix Jacques Stephen Alexis à 16 ans) fait des études de philosophie à Paris VIII, enseigne le français à Kingston en Jamaïque, puis revient à Port-au-Prince en 2007 à la DNL et enseigne au Petit Conservatoire. Il signe alors différents textes de théâtre : Sélune pour tous les noms de la terre (2011), Mon ami Pyéro qu’il traduira en français en résidence aux Francophonies en Limousin (2015). Enfin, La Flambeau (2015), une œuvre forte, originale, mêlant l’humour et la satire sociale avec un brin de folie. Il enseigne aujourd’hui en Martinique.

Yvon LE MEN – FRANCE

dernier ouvrage paru : Les Rumeurs de Babel (Éditions Dialogues, 2016)

Figure de proue de la poésie en Bretagne, compagnon de route du festival Étonnants Voyageurs, il est depuis vingt ans le passeur des poètes. Auteur d’une œuvre importante, de récits et d’un recueil de nouvelles, il puise son inspiration dans les événements qui ont jalonné sa vie et dans les émotions vécues. Son dernier livre-poème superbement illustré par E. Lepage chante les expériences, les rencontres et les vies qui animent le quartier rennais de Maurepas, entre les différentes nationalités et générations qui coexistent, surgit un long poème urbain et humain.

Photo © Éric Legret

James NOËL – HAITI

dernier ouvrage paru : La migration des murs (Galaade Éditions, 2016)

Adoubé par ses pairs et ses aînés, dont Frankétienne, il est la voix montante de la poésie haïtienne contemporaine. Son œuvre, aux accents rimbaldiens, oscille entre hymnes à la chair et poèmes coups de poing. Il est le fondateur, avec la plasticienne Pascale Monnin, de la revue Intranqu’îllités qui compte aujourd’hui 4 numéros. En 2013, il signe un recueil poétique incendiaire : Le Pyromane Adolescent, où ironie et flamboyance se disputent chaque verse. Cheval de feu (2015) est un recueil à double tranchant, esthétique et idéologique. Après une Anthologie de la poésie haïtienne contemporaine en 2015, il revient avec un nouveau recueil personnel, pamphlet débuté dans les décombres du séisme, où il invite chacun à faire table rase de tous les murs qui font ruines du monde.

Photo © Francesco Gattoni

Eduardo ESPINA – URUGUAY

dernier ouvrage paru : La imaginación invisible. Antología, 1982-2015 (Seix Barral, poesía, 2015)

Célèbre poète uruguayen, Eduardo Espina est aujourd’hui professeur d’espagnol au département d’études hispaniques de l’Université Texas A & M. Il signe depuis 1982 essais et recueils, qui ont remporté les plus grands prix dans son pays. Traduit en différentes langues, étudié à l’Université, il reçoit en 2011 une bourse Guggenheim d’aide à la recherche et à la création artistique.

 

SAMEDI 3 DECEMBRE - SALLE FOKAL UNESCO

10H AM  – RENCONTRE

GRANDE GUERRE : QUAND NAISSAIENT LES LITTÉRATURES CARIBÉENNES

Michel SOUKAR, Pierre BUTEAU

L’entreprise coloniale s’abritait derrière le souci de porter la civilisation à ceux que l’on tenait peu ou prou pour « sauvages ». Mais quelle « civilisation » quand se déchirent avec une barbarie sans nom des puissances supposées « civilisées » ? Quelle civilisation quand la barbarie se révèle être blanche et européenne ? La publication de la Revue de la ligue de la jeunesse haïtienne en 1916, celle de la Nouvelle ronde en 1925, puis celle de la Revue indigène en 1927 seront autant d’étapes dans la reconquête de soi, d’un progressif arrachement aux modèles de la littérature française la plus académique : la naissance de littératures de reconquête de soi. À la guerre en Europe, lointaine, s’ajoutera en Haïti l’occupation américaine – Jean Price Mars jouera pour la « génération de la gifle » un rôle central dans l’affirmation de valeurs nouvelles, la naissance d’un mouvement indigéniste, de revendication de « retour à l’Afrique ». Langston Hughes et Claude MacKay seront traduits aux Antilles dès 1925, la revue Légitime Défense cristallisera ces revendications, en se réclamant tout à la fois de Karl Marx et du surréalisme tandis que la littérature antillaise « doudouiste » se trouvait vivement attaquée.

Michel SOUKAR – HAITI

dernier ouvrage paru : La dernière nuit de Cincinnatus Leconte (Mémoire d’Encrier, 2013)

Historien, analyste politique, écrivain et journaliste, il est connu pour son engagement politique et ses émissions radiophoniques sur l’histoire d’Haïti, l’économie et la politique internationale. Il a publié une vingtaine d’ouvrages, dans des genres différents : poésie, théâtre, histoire, roman. Son roman historique Cora Geffrard publié chez Mémoire d’encrier en 2011, lui vaut une mention spéciale du Prix littéraire des Caraïbes 2011 de l’ADELF. Il a également publié La prison des jours (2012) et La dernière nuit de Cincinnatus Leconte (2013).

Pierre BUTEAU – HAITI

Né à Port-au-Prince, membre de la société haïtienne d’histoire, de géographie et d’archéologie, il a collaboré à de nombreuses publications. Il a animé diverses émissions radiophoniques sur l’histoire. Président de la commission d’élaboration du Programme des sciences sociales du nouveau secondaire, il a enseigné l’histoire dans bon nombre d’établissements scolaires et à l’Université d’État d’Haïti et à l’Université Caraïbe. Ancien Ministre de l’Éducation, il a aussi participé au projet HSI-UNICEF et PNUD pour la préparation du plan national sur la protection de l’enfance.

11:00 AM – PROJECTION : « UN SANG D’ENCRE »

De Blaise N’Djehoya et Jacques Goldstein (Absynthe Production, Huit Production / 1997 / 52’)

L’histoire commence à la Nouvelle Orléans, carrefour entre Amérique du Nord et Caraïbes, passe à Harlem, nourrit ce que l’on appellera la Harlem Renaissance au sortir de la Grande Guerre, se prolonge à Paris, devenu pour beaucoup d’écrivains noirs un refuge jusqu’après la Deuxième Guerre mondiale, verra la naissance de Présence africaine, nourrira la fermentation intellectuelle précédant le mouvement des indépendances africaines. Une histoire exemplaire, trop peu connue. Harlem et le Quartier latin, littératures caribéennes et surréalisme, Richard Wright et Jean-Paul Sartre, Miles Davis et Juliette Gréco, Chester Himes et Marcel Duhamel. Un film indispensable !

Légende photo : Juliette Greco et Miles Davis, film « Sang d’Encre »

 

12:00 AM  – RENCONTRE : HARLEM RENAISSANCE

Louis Philippe DALEMBERT, Blaise N’DJEHOYA, Michel LE BRIS

Dans le prolongement du film de Blaise N’Djehoya, retour sur la Harlem Renaissance qui non seulement toucha tous les arts, affirma la puissance de création de la communauté noire américaine, mais irrigua toute la création artistique de son temps des deux côtés de l’Atlantique.

Louis Philippe DALEMBERT – HAITI

dernier ouvrage paru : Ballade d’un amour inachevé (Mercure de France – 2013)

Une des voix majeures de la littérature caribéenne. Ses romans se font l’écho d’une vie vagabonde qu’a mené cet Haïtien à Paris, Rome, Jérusalem, Kinshasa… Prix Casa de Las Americas (2008) pour Les dieux voyagent la nuit, ardent promoteur de la littérature haïtienne dont il publie en 2010 une anthologie avec Lyonel Trouillot. Dans son dernier roman, il superpose l’histoire sentimentale de deux couples, à celle des deux séismes survenus en Italie et en Haïti. L’occasion de revenir sur deux événements tragiques, où « l’humour et la force de vie seuls permettent d’exorciser le malheur », mais surtout sur un phénomène de la société italienne : la montée du néofascisme.

Photo © Gaël Le Ny

Blaise N’DJEHOYA – RÉPUBLIQUE CENTRE AFRICAINE

dernier ouvrage paru : De la Harlem Renaissance à Présence Africaine (Absynthe Production, 2008)

Cinéaste et intellectuel camerounais basé à Paris, il a travaillé avec Claire Denis et Jacques Goldstein, et a notamment réalisé un portrait remarqué de Manu Dibango et un documentaire sur la vie des artistes noirs dans le Paris d’après-guerre. Il est également l’auteur d’un fabuleux roman, Le Nègre Potemkine, paru en 1988.

Michel LE BRIS – FRANCE

dernier ouvrage paru : La Malle en cuir ou La Société idéale (Gallimard, 2011)

Né en Bretagne en 1944, il est romancier, essayiste, éditeur. Figure de mai 1968, directeur de La Cause du peuple, il participe à la création du quotidien Libération et crée avec Jean-Paul Sartre la collection « La France Sauvage ». Pour défendre l’idée d’une littérature « ouverte sur le monde, soucieuse de le dire », il fonde en 1990 le festival Étonnants Voyageurs et lance en 1993 le concept de « Littérature-monde ». Après son roman La beauté du Monde (finaliste du prix Goncourt en 2008), il signe l’autobiographie Nous ne sommes pas d’ici et un Dictionnaire amoureux des explorateurs, avant de publier un inédit de Stevenson qu’il a découvert et dont il imagine la fin manquante, La malle en cuir ou La société idéale.

Photo © Gaël Le Ny

 

2:00 PM  – PROJECTION : « LE CRI DU SILENCE »

D’Antoine AGOUDJIAN (30’)

“Les images du séisme en Arménie tournaient en boucle sur les écrans du monde entier. Cette tragédie faisait pour moi écho au Génocide et aux souffrances des Arméniens que m’avaient racontées mes grands-parents réfugiés en France où je suis né. Elles n’ont jamais cessé de me hanter.” Petit-fils d’immigrés, Antoine Agoudjian part en Arménie en janvier 1989, et commence à faire des photos dans le chaos. Il y retrouve des situations tragiques dont lui avaient parlé des grands-parents. La photographie s’est alors progressivement imposée à lui comme vecteur essentiel de ses émotions, des images qui retrace l’histoire que la Turquie a tenté d’effacer de la mémoire de l’Humanité.

Antoine Agoudjian : Ishran, région d’Asparan, Arménie 1998. © Antoire Agoudjian

 

2:30 PM – RENCONTRE : D’OÙ VIENNENT LES IMAGES ?

Rencontre avec Antoine AGOUDJIAN

Antoine AGOUDJIAN – FRANCE

dernier ouvrage paru : Le Cri du silence (Flammarion, 2015)

Né en 1961, il découvre la photographie à 25 ans alors qu’il travaille dans un labo photo aux États-Unis. Deux ans plus tard, au lendemain du séisme survenu en 1988 en Arménie, il se consacre entièrement à l’aide humanitaire dans son pays d’origine, durant un an. Après l’Arménie et le Caucase, il poursuit son travail photographique sur la mémoire, à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Irak, en Iran… En 2015 paraît Le Cri du silence, à l’occasion du centenaire du génocide arménien. L’oeuvre d’une vie, dont l’histoire du peuple arménien constitue le fil directeur. « Il faut immortaliser la mémoire afin qu’elle n’appartienne pas qu’au passé. »

Photo © Christina Galstian

 

3:30 PM  – PROJECTION : “ L’HÉRITAGE DU SILENCE ”

D’Anna BENJAMIN et Guillaume CLERE (2015) 52’

Armen, Dogukan, Yasar et Nazli sont Turcs. Mais une découverte tardive a bouleversé leur existence : ils sont aussi arméniens. En 1915, leurs grands-parents ont réussi à échapper au génocide en dissimulant leur véritable identité. Certains ont été sauvés, d’autres ont été enlevés. Tous ont été assimilés dans des familles turques et kurdes, convertis à l’islam puis oubliés. Aujourd’hui, après un siècle de peur, leurs petits-enfants découvrent enfin la vérité et décident de briser le silence.

 

4:30 PM  – RENCONTRE : LES FANTÔMES DE L’HISTOIRE

Hakan GÜNDAY, Antoine AGOUDJIAN, Velibor ČOLIĆ, Syto CAVE 

Guerres, génocides, colonisation, esclavage – l’histoire n’est pas avare de tragédies ou le sens même de l’humain vacille. Plus juste serait de dire qu’elle nous enseigne que rien de ce qui est inhumain ne nous est étranger. Et dès lors se met en action la machine à oubli, « pour recommencer à vivre » dit-on. Mais les fantômes demeurent, qui reviennent nous hanter. Hantent les écrivains et les artistes, gardiens de la mémoire…

Hakan GÜNDAY  – TURQUIE

dernier ouvrage paru : Topaz (Galaade Éditions, 2016)

Étoile montante de la scène littéraire turque de grand talent, prix du meilleur roman de l’année 2011 en Turquie pour D’un Extrême à l’autre, il sort en 2014 son deuxième livre en français, Ziyan, un récit antimilitariste fort qui nous replonge dans les premières heures de la République de Turquie. Le Prix Médicis étranger fin 2015 pour Encore vient comme une consécration : à travers ce récit poignant, ancré dans notre réalité politique et sociale, l’auteur décrit la vie d’un jeune passeur turc, à la fois tortionnaire et vic- time. Enfin, Topaz, petit chef-d’œuvre d’irrévérence joyeuse sur le capitalisme à l’œuvre dans le tourisme de masse en Turquie.

Photo © Gaël Le Ny

Antoine AGOUDJIAN – FRANCE

dernier ouvrage paru : Le Cri du silence (Flammarion, 2015)

Né en 1961, il découvre la photographie à 25 ans alors qu’il travaille dans un labo photo aux États-Unis. Deux ans plus tard, au lendemain du séisme survenu en 1988 en Arménie, il se consacre entièrement à l’aide humanitaire dans son pays d’origine, durant un an. Après l’Arménie et le Caucase, il poursuit son travail photographique sur la mémoire, à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Irak, en Iran… En 2015 paraît Le Cri du silence, à l’occasion du centenaire du génocide arménien. L’oeuvre d’une vie, dont l’histoire du peuple arménien constitue le fil directeur. « Il faut immortaliser la mémoire afin qu’elle n’appartienne pas qu’au passé. »

Photo © Christina Galstian

Velibor ČOLIĆ – BOSNIE

dernier ouvrage paru : Manuel d’exil (Comment réussir son exil en trente-cinq leçons) (Gallimard, 2016)

C’est sans doute la guerre qui a fait de Velibor Colic, né en 1964 en Bosnie, dans une ville qui aujourd’hui n’existe plus, un écrivain à part entière. Après un ouvrage foudroyant sur la folie des années 1990 (Jésus et Tito), ce fan de rock et de jazz continue d’explorer les Balkans avec Sarajevo Omnibus qui raconte l’épisode de l’assassinat de l’archiduc F. Ferdinand. Après Edelerzi, comédie dite pessimiste de la réincarnation au fil du siècle d’un fameux orchestre tsigane (2014), il signe un roman, à l’écriture poétique, pleine de fantaisie et d’humour absurde, où il décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, de Rennes à Budapest. Formidable art de vivre à base de système D et de fatalisme roublard.

Photo © Sophie Bassouls

Syto CAVÉ - HAITI

dernier ouvrage paru : Une rose rouge entre les doigts (Zellige, 2011)

Auteur de plus d’une douzaine de pièce de théâtre, en créole et en français, il s’est formé aux arts dramatiques à Port-au-Prince, avant de s’exiler aux États-Unis en 1968 où il fonde avec quelques Haïtiens le théâtre Kouidor, une troupe expérimentale et politisée jouant un répertoire allant de Brecht à Kateb Yacine, d’Ionesco à Césaire. De retour en 1982, il fonde l’Atelier des Arts et Spectacles et la compagnie théâtrale Vigie, en compagnie d’acteurs de la scène culturelle. Il monte ses propres textes et réalise aussi des mises en scène de ses contemporains, tels que Simone Schwarz- Bart (Ton beau Capitaine) ou Claude Innocent (Ce fou d’empereur).

 

 

 

 

 

 

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