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Lettre d’un animateur du club de débat de Camp-Perrin : Matthew : un an déjà !

                                   Rien ne fit contre la colère du vent. Rejetant les cadeaux à cent pas de hauteur, il secoue la ville, ivre de fureur…

                                                                                                           Jacques Stéphen Alexis, Compère Général Soleil

 

IMG 8234 Il y a un an exactement, le grand sud, en particulier Camp- Perrin, a été frappé par l’une des plus cruelles catastrophes naturelles qu’il ait jusqu’ici connues : l’ouragan Matthew. Si les cicatrices sont encore là dans les esprits et dans les dégâts visibles causés dans l’environnement, le souvenir des gestes de solidarité dont nous avons été l’objet triomphe de celui des tragédies que nous avons vécues.

Le Sud qui renait peu à peu de ses cendres

Au lendemain de Matthew, à la vue du spectacle apocalyptique qui s’étalait devant nous, personne n’aurait pu imaginer que les mornes seraient dans un proche avenir recouverts d’arbres. On aurait dit que ces derniers avaient été léchés par une immense flamme,  tant ils paraissaient desséchés. On se demandait, anxieux, jusqu’à quand les arbres donneraient de leurs fruits. Mais Dieu merci, la nature est douée d’une grande résilience.

Les mois qui ont suivi la catastrophe ont été très pluvieux ; les mornes ont vite fait de reprendre leur couleur. On constate même une augmentation de la production de certaines denrées comme la banane, vu que certains espaces autrefois inexploités,  émondés après l’ouragan, sont aujourd’hui cultivés. Les oiseaux ont, pour la plupart refait leur apparition dans notre ciel. On dirait que certaines collines sont devenues plus vertes encore qu’auparavant.

On a beaucoup fustigé les organisations humanitaires pour n’avoir pas répondu à toutes les demandes, mais on ne s’est peut-être pas demandé comment serait la situation si elles n’étaient pas sur le terrain. Bref, la vie reprend peu à peu et même au-delà des espérances, d’il y a 12 mois, même si les conséquences de cette tragédie affecteront encore pour plusieurs années la vie de plus d’un.

Bouquet de remerciements

Les jours post-Matthew ont été vraiment difficiles. Il est cruel de constater la misère autour de soi et de ne pas pouvoir la soulager. Je me souviens entre autres de ce groupe de jeunes, pour la plupart des élèves que je connais bien, que j’ai rencontrés au cours d’une visite de routine dans la ville de Camp-Perrin, une ville alors jonchée d’arbres tombés çà et là ; une ville où les gens semblaient encore à peine réveillés d’un cauchemar. « M. Alex, nous venons d’être roués de coups, en essayant de recueillir quelque chose pour apporter chez nous. Il y avait tellement de désordre dans la distribution. C’est terrible ! Terrible !…» Le cœur gros, la gorge serrée, je me suis vite retourné sans pouvoir leur dire un mot...

Au cœur de cette tragédie que nous avons vécue, nous n’étions pas abandonnés à nous-mêmes.

Nous ne saurions ne pas remercier la FOKAL et toute la communauté PIJ en général du soutien sous toutes les formes que nous avons bénéficié d’eux. Un grand merci en particulier à Madame Elisabeth Pierre Louis Augustin, Directrice des Programmes à FOKAL, pour avoir compati sous toutes les formes à notre douleur et aussi à tout le staff de la FOKAL qui de près ou de loin a partagé nos moments difficiles. Merci à Monsieur Jean Gérard Anis, Coordonnateur du Programme Initiatives Jeunes (PIJ), qui avant et après l’ouragan a maintenu le contact avec nous et nous a témoigné de sa solidarité. Dans ces jours-là, un appel de Gros-Morne de la part de Jonathan Vilmeus ou Max Grégory Saint-Fleur de Darbonne vous demandant des nouvelles,  a été un baume. Merci à tous les animateurs du projet qui étaient en contact avec nous presque quotidiennement, quand cela était devenu possible, et rien que d’avoir pu leur parler nous faisait du bien.

Le club de Camp-Perrin n’a pas oublié surtout la visite du club de Christ-Roi ayant à sa tête Alfred Désir et Joel Lazare. Ce jour-là, les jeunes de notre club réunis chez moi, ont non seulement reçu les provisions apportées par les jeunes de Christ-Roi (articles de toilettes, vêtements, nourritures), mais ils ont pu aussi, comme on dit chez nous, « vider leur estomac », en racontant chacun la façon dont il/elle a été frappé (e) par la tragédie. Une véritable thérapie pour le mental. C’est une visite que le Club de Camp-Perrin ne pourra jamais oublier d’autant plus qu’Alfred et son équipe ont encouru des risques réels à l’époque pour venir jusqu’à nous, car toute voiture ou camion suspecté de porter aide aux victimes était une cible et aurait pu être mis à sac en chemin.

A un moment où nos jeunes manquaient quasiment de tout, puisque la pluie et le vent ont tout abimé, une paire de sandales, une chemise, ou encore des articles de toilettes avaient une importance spéciale. Merci Alfred et Lazard pour tous les dangers que vous avez bravés pour venir jusqu’à nous, merci aux Jeunes de Christ-Roi pour la collecte qu’ils ont réalisée en notre faveur !

 Enfin, il y a bien des moments où le mot « solidarité » a tout son poids. Nous en avons fait l’expérience au cœur même de la tragédie. Cela fait oublier les épreuves des mauvais jours pour considérer qu’en réalité à travers PIJ, nous formons une famille !

Alex Sylné

Animateur du Club  PIJ de Camp-Perrin

4 octobre 2017

 

Photo : Les représentants du Club de Camp-Perrin au camp annuel de débat, à Jacmel. Juillet 2017. 

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