| Verite sou tanbou : « La ruée vers l’or en Haïti » |
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Au cours d’une enquête qui a duré dix mois, une équipe d’étudiants, de journalistes et de membres d’une radio communautaire a fait des découvertes surprenantes :
• Près de 3885 kilomètres carrés de territoire haïtien, soit 15 pour cent de tout le pays, sont déjà sous une licence de recherche, d’exploration ou d’exploitation, ou sont soumises à une convention contrôlée par des firmes américaines et canadiennes.
• À elle seule, l’Eurasian Minerals, une des firmes en question, a prélevé 44 000 échantillons.
• La Newmont Mining, deuxième producteur d’or au monde et qui exploite la plus grande mine en Amérique, a largement investi auprès d’Eurasian et envisage la possibilité d’exploiter au moins cinq sites miniers.
• Un ancien ministre haïtien de l’économie et des finances travaille aujourd’hui comme consultant pour la minière Newmont.
• Deux ministres haïtiens ont récemment signé avec Newmont et Eurasian un « protocole d’entente » selon lequel – et en violation de la loi haïtienne – les compagnies peuvent commencer le forage dans un des sites en exploration. Or, la loi haïtienne stipule qu’aucun forage ne peut être entrepris sans une convention minière.
• Équipée d’une poignée de véhicules et de quelques de géologues, l’agence d’État, n’a pas les moyens de superviser les opérations de forage et de recherche en cours au nord du pays.
• Personne ne semble enclin à parler aux communautés de ce qui se passe dans le nord et des ententes conclues derrière des portes closes…
A la suite de la projection, l’équipe de Ayiti Kale Je qui a réalisé cette enquête parlera du déroulement de ce travail et des difficultés pour le réaliser. Maria-Elena Kolovos, avocate qui collabore avec un collectif d’organisations haïtiennes (**) qui suivent les activités des mines en Haïti, fera le point sur les aspects légaux de l’exploitation minière en Haïti, tandis que Camille Chalmers, directeur de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), situera la question dans le contexte latino-américain de l’exploitation minière.
(*) Verite sou tanbou est un cycle de conférences-débats sur le journalisme d'investigation, organisé par l'International center for journalism, Ayiti Kale Je et la Fondation Connaissance et liberté - FOKAL qui a débuté au printemps 2011. Verite sou tanbou réunit des journalistes de différents horizons, mais également des étudiants en journalisme et de simples citoyens intéressés par les questions d'informations. Les projections sont faites de films étrangers comme haïtiens, qui tentent toujours d'évoquer une réalité que vit Haïti ou une pratique du métier qui peut intéresser les journalistes.
ICFJ, International center for journalism travaille en Haïti sur des investigations en collaboration avec des journalistes des médias membres de l'Association nationale des médias haïtiens. ICFJ a lancé récemment le Fonds pour le journalisme d'investigation en partenariat avec International media support.
Ayiti kale je est un partenariat qui réunit les journalistes d'AlterPresse , de la Société d'animation et de communication sociale (Saks) , du réseau des femmes des radios communautaires (Refraka) et des étudiants de la Faculté des sciences humaines autour de projets d'investigation journalistique.
Toutes les projections se déroulent à 4 pm dans la salle polyvalente de la FOKAL, au 143 de l'avenue Christophe à Port-au-Prince. Aucune inscription n'est nécessaire pour y assister.
(**) La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), le Mouvement démocratique populaire (Modep), l’organisation paysanna Tèt Kole et le groupement d’avocats Défense des opprimés (DOP).
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