| Acuril Haïti 2012 : le pari est gagné ! |
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Les plus de quatre vingt ans évoquent encore aujourd'hui, avec la plus profonde nostalgie, la grande exposition internationale des Arts organisée sous la présidence de Dumarsais Etimé à l'occasion du bicentenaire de Port-au-Prince de décembre 1949 à juin 1950. Six mois d'activités culturelles et artistiques au cours desquels la capitale haïtienne a accueilli les plus célèbres artistes internationaux, venus de tous les coins du monde et qui en auront fait, pendant longtemps après, leur destination privilégiée.
Les moins de trente ans par contre ont surtout à raconter les turbulences politiques et quelques catastrophes naturelles dont la plus terrible est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
La cérémonie d'ouverture de la conférence a été célébrée le 4 juin au Karibe Convention Center, en présence du Président de la République, son excellence Michel Joseph Martelly, le ministre de la culture, Mario Dupuy et des représentants des organismes autonomes tels que la Direction Nationale du Livre et le Musée National du Panthéon d'Haiti, Un hommage a été fait à Wilfrid Bertrand, Directeur des Archives Nationales et à Francoise Beaulieu-Thybulle, présidente d'Acuril 2011-2012.
Des moments sympas et originaux
Au Musée du Panthéon National d'Haiti (MUPANAH) les participants locaux et internationaux ont visité les salles d'expositions permanentes ainsi que celle sur le drapeau Haitien, inauguré en prélude au 18 mai. Linda du Four de l'Université de West Indies (Trinidad & Tobago) a témoigné son émotion en ces termes : « On nous enseigne mal l'histoire de la Caraïbe. Nous ne savons pas que des Noirs au XVIIIe siècle pouvaient lire et écrire et correspondre avec les leaders de leur monde. Je ressens une connectivité avec le monde de la Caraïbe à travers cette visite. »
À la Fondation connaissance et liberté-FOKAL, les différentes délégations se sont prêtées au jeu de pauser sur la grande carte de la caraïbe peinte par l'équipe de Patrick Vilaire. Après une visite de l'exposition « Cadastre, espaces caraïbes » qui explore toutes les facettes de la région, les tambours d'Artcho, la troupe Fanm zile et le groupe Follow Jah rara leur ont offert une performance artistique mélangeant tambours et chants traditionnels. Aucun de nos invités n'arrivait à résister aux rythmes haïtiens.
Au jardin des Orchidees du Karibe Hotel, ils ont dégusté la proposition musicale unique du célèbre troubadour haïtien Ti Coca et Wanga Neges.
Les participants se sont rendus à la foire Livres en folie où malgré les embouteillages, la chaleur, les procédures d'achat compliquées et la foule ont considéré l'après-midi comme une expérience d'apprentissage. La nouvelle présidente d'Acuril Cindy Jimenez Vera a été étonnée de l'engouement des haïtiens, pouvant faire la queue pendant des heures pour acheter un seul livre.
L'atelier de chant de James Germain a entonné a capella des chansons fokloriques d'Haiti et la troupe Haiti Chaka Danse a ouvert le bal lors de la cérémonie de cloture.
Haïti : Un pays où l'on peut avoir envie de revenir Ils n'ont pas tous été à leur premier voyage en Haïti. « Ce qui m'intéressait, c'était de revenir à Port-au-Prince », nous a confié France-Lise, une bibliothécaire de Martinique qui a visité Haïti une fois, il y a 28 ans. « Il existe encore ici quelque chose qu'on a perdu depuis longtemps chez nous... les gens dans les rues et qui marchent... », poursuit-elle en tentant d'expliquer le sentiment qui l'habite depuis 28 ans quand elle pense à Haïti, « ce pays où l'on ne peut ne pas avoir envie de revenir ».
Et après... Le congrès de l'Acuril nous a aussi laissé du pain sur la planche. Pendant une semaine, les professionnels de l'information documentaire d'Haïti et des autres pays de la caraïbe ont réfléchi sur les impacts économiques, culturels, sociaux et politiques des nouvelles technologies de l'information et nous ont laissé des recommandations.
Pour une relation plus dynamique entre gouvernants et gouvernés, pour garantir la transparence dans la gestion de la chose publique, Haïti doit se lancer dans la gouvernance électronique qui est l'utilisation par le secteur public des technologies de l'information et de la communication dans le but d'améliorer la fourniture d'information et de service, d'encourager la participation du citoyen au processus de décision et de rendre le gouvernement plus responsable, transparent et efficace. .
Haïti doit penser à la numérisation de ces documents patrimoniaux afin de les rendre plus accessibles aux chercheurs et de mieux les protéger contre les catastrophes de tout genre qui nous frappent de temps en temps.
Haïti doit adapter ses services aux exigences d'une génération de plus en plus intéressée par les nouvelles technologies et travailler à ce que les services, les informations, la documentation soient disponibles sur leurs Smartphones, leurs tablettes, leurs ipads etc.
Ce sont certains des défis auxquels nous devons absolument faire face.
Il est aussi apparu évident que la collaboration entre pays de la Caraibe est primordiale. L'expérience de la bibliothèque numérique de la Caraïbe (dLoc) montre que la mutualisation des efforts est possible afin de partager les couts et d'avoir des plate-formes communes d'où diffuser l'information. Aussi les autres pays de la Caraibe ont autant de difficultés que nous pour trouver des financements, mobiliser les politiques et développer les outils proposés par les nouvelles technologies.
La prochaine conférence se tiendra au Venezuela, en juin 2012 avec pour thème Library Commons, l'adaptation des espaces de bibliothèques à de nouveaux services et de nouveaux publics.
La conférence en quelques chiffres : 120 participants dont 53 haïtiens, 17 des Etats-Unis, 13 de la République Dominicaine, en plus faible nombre mais très présents étaient les pays suivants Martinique, Guyana, Jamaique, Porto-Rico, Trinidad & Tobago, Guadeloupe, Aruba, Belize, Dominique, Barbade, Curacao, St Lucie, St Martin, Iles Vierges, Colombie. Une forte délégation de la presse haïtienne a participé à la conférence.
Une foire commerciale a permis de connaitre les nouveaux produits disponibles internationalement : Ebsco, OCLC, Springer, Gaylord, Elsevier, Papyrus, Sirsi Dynix, System Link ; et localement avec Logipam, Les editions Konbit et les presses de l'université d'état d'Haiti.
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